Retour sur 10 ans de luttes aux Lentillères en photos et vidéos

« J’ai 10 ans » ! Plongée dans les archives de cette tumultueuse première décennie et particulièrement sur la date anniversaire. Par ces temps de confinement, on vous emmène en ballade dans les archives du média militant local de l’époque – Brassicanigra – avec des articles, des photos et aussi des vidéos glannées sur le web.

Remontons le temps grâce aux archives amassées en ligne et, pour fêter l’anniversaire du Quartier Libre des Lentillères malgré le confinement, retraçons ensemble ces 10 années de luttes et de construction….

La plupart des articles et des communiqués viennent de Brassicanigra.org, un média militant dijonnais qui a existé de 2007 à 2013. Vous pouvez explorer les archives du site ici.

2009 – Des terres pour l’agriculture bio en Côte d’Or !

En juillet, le collectif « URGENCE BIO 21 » lance une grande pétition départementale intitulée « Des terres pour l’agriculture bio en Côte d’Or ! »

Voir la publication d’origine sur dijon-ecolo

Nous, consommateurs, sommes conscients de l’impact des modes de production, de transformation et de distribution des produits alimentaires sur l’environnement et la santé.
Près de la moitié des aliments végétaux consommés en France renferment des résidus de pesticides, les sols et l’eau sont pollués, et de 20 à 30% des émissions de gaz à effet de serre sont dus à l’agriculture intensive en Europe.
L’agriculture biologique apporte une réponse concrète aux problèmes de santé publique et d’environnement. Elle offre, à un prix juste, des produits frais, de saison et dont la qualité est contrôlée à tous les niveaux.
Mais elle représente actuellement moins de 2% de la surface agricole de Côte d’Or. Il n’y a pas assez de producteurs biologiques pour répondre à la demande croissante. Par exemple, plus de 600 familles de l’agglomération dijonnaise sont en attente d’un panier bio hebdomadaire et la restauration collective souhaiterait introduire de façon régulière ces produits.
Face au manque de terres “pour” installer de nouveaux producteurs en bio – particulièrement en maraîchage, nous, signataires de la pétition, demandons aux élus et responsables agricoles de s’engager dès maintenant à œuvrer à la préservation et au maintien de terres agricoles en Côte d’Or par tout moyen (rachat, création de zone agricole protégée, etc.)

· pour l’installation de nouveaux paysans en agriculture biologique

· pour la conversion en agriculture biologique des terres agricoles, particulièrement celles situées à proximité des captages d’eau.

L’écologie est dans tous les discours… il est temps de passer aux actes !
L’alimentation saine est un droit pour tous. « 
La pétition est à signer sur jesigne.fr, elle sera aussi disponible sous forme papier sur le marché de Dijon et dans différents endroits en fonction des actions menées par les membres du collectif.
Le collectif à la base de cette action est constitué de : Confédération Paysanne 21, Quetigny Environnement, Bioconsom’acteur, Greenpeace Dijon, les Amis de la Conf’, ATTAC 21, les Amis de l’Eldorado, les Verts 21, Slow Food Dijon Côte d’Or, ARDEAR Bourgogne, Terre de Liens, Artisans du Monde, Association KIR, GAB 21, Nature et Progrès Côte d’Or, AMAP Bio de Plombières, Les paniers de la vallée, Plombières Environnement, Les Colporteurs, dijon-écolo, AMAP Bio Les Jardins de Virgile, AMAP Bio des Pieds Bleu, les Faucheurs Volontaires, Association Sun Festival.
Cette pétition touche l’ensemble du département, mais il faut savoir que l’agglomération dijonnaise compte de nombreux hectares de cultures (un peu moins de 22 000 ha en 2000), pour environ 1,5% de terres en agriculture biologique (les données sont un peu anciennes, mais la situation ne s’est guère améliorée).
L’agriculture péri-urbaine est possible et fondamentale, mais elle se heurte à différents problèmes. Dans l’agglomération dijonnaise il existe un rapport très intéressant à ce sujet, intitulé « Etudes et dialogues sur l’agriculture périurbaine dijonnaise ».

20 mars 2010 – La « semaine de l’environnement »

« La Semaine de l’Environnement se propose d’être un modeste porte‐voix des réflexions et expérimentations sociales et écologiques qui visent à la ré-appropriation de notre présent sans hypothéquer notre futur. »
Portée par l’association Kir du réseau GRAPPE. Le Réseau GRAPPE (GRoupement des Associations Porteuses de Projets en Environnement) rassemble un ensemble d’associations étudiantes pour promouvoir au niveau national une vision alternative et engagée de l’écologie.
Dans une approche ludique :
Balades, conférence-débat, jeux, projection de films, apéros, table ronde, ateliers, concerts, etc.

28 mars 2010 – Libérons les terres

Appel à la manifestation

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Dimanche 28 mars 2010 à 13h, place Wilson à Dijon
Pique-nique, concert, déambulation, action, interventions et débats…

Pour défricher ensemble les bases d’une agriculture locale, directe, bio et s’émanciper collectivement du modèle productiviste et industriel…
Pour faire sauter le verrou de l’accès au foncier en zones rurales ou péri-urbaines. Libérons les terres !
Avec la participation/intervention de :
la Confédération Paysanne 21, Terres de lien, de jeunes agriculteurs locaux, le réseau européen Reclaim The Fields, l’association Plombières environnement, l’association Kir, Espace autogéré des Tanneries, les Faucheurs volontaires 21, Food not Bombs Dijon, Groupe libertaire Dijon…

Dans sa course au rendement, le modèle agricole dominant, basé sur une logique industrielle et productiviste requiert un usage massif de pétrole, de pesticides, d’engrais, d’emballages plastiques, le transport des aliments sur des milliers de kilomètres et provoque la stérilisation des sols et des cours d’eau, la désagrégation de liens sociaux dans les campagnes et l’exode rurale, l’exploitation et le maintien dans la misère de millions de sans-papier-e-s et sans-terres en Europe et dans le monde. Son développement à l’échelle mondiale n’aura fait qu’aggraver les inégalités sociales, la destruction de la biosphère et livrer le vivant, des champs jusqu’aux semences et engrais, aux tenants de l’agro-industrie mondiale et à leurs trusts.
L’agriculture industrielle est un cercle vicieux dévastateur. Des mythes progressistes aux mentalités conservatrices, du rouleau compresseur économique aux choix étatiques, son offensive est toujours féroce, même relookée « écolo ». Partout dans le monde, des millions de paysans se battent pour garder un contrôle sur leur ressources, pouvoir nourrir les leurs et ne pas finir dans des bidonvilles. En Europe, les politiques alimentaires ont presque réussi à faire disparaître totalement la « paysannerie » en faisant en sorte qu’il soit presque impossible pour les petits agriculteurs de vivre du travail de la terre et pour les jeunes de s’installer comme paysan. Elles ont rendu la plupart d’entre nous complètement dépendant-e-s, coupé-e-s de tout savoir-faire », espaces et pratiques connectées à la production de notre alimentation.
Autour de Dijon, des maraîchers, paysans et des associations regroupant des citadins ou des ruraux, dénoncent et défient la domination de l’agriculture conventionnelle. Des initiatives variées mettent l’accent sur les divers freins institutionnels et politiques à l’installation que rencontrent notamment des projets bios orientés vers la vente directe et locale ou vers des associations. Mais l’accès au foncier demeure souvent verrouillé face à des visions en porte à faux avec l’agro-industrie et ses hypermarchés.
Chaque jour des hectares de terres dans le monde sont grignotées par le béton, et les anciennes ceintures maraîchères font sans cesse place à des zones commerciales, des parkings et des immeubles. Dijon ne transige pas à la règle : les campagnes alentours sont tenues par les gros producteurs, la ceinture maraîchère est en friche ou bitumée, et les jardins ouvriers, reflets de communautés sociales et trésors de débrouilles, tendent à disparaître, malgré les fortes demandes à ce sujet. On nous parle sans cesse d’éco-quartiers, mais au delà-du flon flon vert pour l’image et de la réalité eco-aseptisée qu’elle cache, ce que nous souhaitons (re)créer aujourd’hui ce sont des zones maraîchères au sein et en périphérie des villes. Nous voulons des terres où puissent se développer des projets agricoles pour des paysans qui souhaitent s’installer, aussi bien que des potagers qui permettent à des citadins de cultiver une partie de leur nourriture.
Les initiatives de libération de terres laissées en friche ou vouée au béton, et la mise en place de potagers collectifs sont parmi les moyens possibles pour défricher les bases d’une agriculture, locale, directe, bio… Elles questionnent les modes de productions et le cloisonnement producteurs-consommateurs. Elles permettent de briser en acte le brevetage et la commercialisation systématique du vivant, et de fertiliser les liens qui se tissent à partir d’une terre partagée, habitée et travaillée…
Parce que la nourriture est un besoin primaire, parce qu’autonomiser l’alimentation de l’agro-industrie est à la charnière de tout projet social émancipateur, parce que nous voulons mettre nos idées en pratique et relier des actions locales aux luttes globales, parce que le refus de la nourriture industrielle ne se situe pas sous plastique et hors de prix dans un rayon high tech de supermarché : libérons les terres !

Récit de la libération des terres

Divers collectifs, des citadins bêches à la main, des jardiniers en herbe ou des maraîchers en lutte ont libéré des terres.
Des explications et rendez-vous pour la suite…

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Appel pratique :
Avant tout compte-rendu, un peu de pratique : le potager collectif qui s’installe sur les terres libérées cette semaine à Dijon, rue Phillipe Guignard (au rond point juste à coté du collège des Lentillères et le long de la voie ferrée) est ouvert à tous et toutes. Son maintien, son ampleur et sa dynamique ne tiennent qu’à vous. Des moments de jardinage, bêchage, défrichage et préparations de semis sont prévus tout au long de la semaine, en particulier mercredi et samedi après-midi. Ces mêmes jours a 18h auront lieu des assemblées-goûters des usager-e-s du potagers pour s’organiser ensemble sur la suite.
Contact mail, mais le mieux reste de se rencontrer sur place en bêchant ou autour d’un goûter.
Récit :
Malgré le temps très mauvais ce jour là, le nœud lunaire réputé défavorable au travail du sol, et le changement d’heure, autant de facteurs propres à décourager tout-e participant-e-s potentiel-le au pique-nique annoncé, c’est environ deux cents personnes qui se sont retrouvées vers 13h sous l’abri du kiosque de la place Wilson et autour.

Quelques interventions introductives ont d’abord eu lieu. Un représentant de l’AMAP de Plombières a souligné la demande croissante sur ce type de structure et le besoin que des terres soient laissées à disposition pour des projets paysans locaux. Un maraîcher affilié à la Confédération paysanne a rappelé les luttes menées par son syndicat à ce sujet et mentionné avec une certaine émotion qu’il y a dix ans, lui et sa compagne avaient dû partir des très bonnes parcelles qui allaient être occupées aujourd’hui à cause d’un hypothétique projet d’urbanisme et qu’elles avaient été laissées en friche depuis. Une militante de Terre de liens a parlé des initiatives d’aides collectives développée par son association pour accéder au foncier, tandis que des agriculteurs du réseau Reclaim the Fields (Réclamons les terres), venus de Mayenne, d’Ardèche ou du Morbihan ont appuyé sur la pertinence d’action de ce type en ville ou à la campagne, et au-delà, sur la nécessité de développer une nouvelle « paysannerie » pour sortir de l’impasse de l’agriculture industrielle.

Au son d’une batukada internationaliste, la manifestation a pris les allées du Parc et s’est dirigée droit au but (tenu caché), avec des brouettes pleines de petits plants et quelques dizaines de bêches, pioches, faux et fourches brandies qui lui donnait des airs de jacquerie urbaine. À l’arrivée au coin de la rue Phillipe Guignard l’ensemble des manifestant-e-s ont pénétré directement sur la première parcelle en friche de la rue, s’avançant mètres par mètres en défrichant en ligne ce champ envahi par les ronces. Au bout de quelques heures d’intense ébullition collective, grâce au ravitaillement assuré par Food not bombs et sous les rythmes véhéments de la batukada, une bonne partie du champ était déjà retourné et en voie d’être ensemencé. Les quelques policiers présents se sont contentés d’observer et de condamner, médusés.
Une première assemblée du potager a permis de se donner rendez-vous pour la suite, d’organiser la diffusion de l’information, le début des cultures et le maintien de l’occupation. Bon nombre de voisins, qui voyaient les terres et les maisons alentour se dégrader depuis des années, sont venus s’enquérir avec enthousiasme de l’action et sont repartis en promettant de repasser bêche à la main ou avec quelques prospectus pour relayer l’information dans le quartier.

Et de l’autre côté de la friche, une maison occupée depuis un mois déjà par un collectif d’habitant.e.s, « la villa », propose de servir de lieu de réunion pour s’organiser sur le potager collectif.

Les habitant.e.s (sans droit ni titre) ont retapé le toit qui a été détuilé (la mairie de dijon en est propriétaire) pour rendre cette maison inutilisable. Cela s’appelle « dévitaliser » une maison, c’est-à-dire enlever des tuiles, des fenêtres… pour que le bâtiment devienne inhabitable.

2010 : Occupation, destruction, rassemblements et première fête

13 avril 2010
Terres occupées, terres libérées ? – Vidéo de Dijonscope

22 mai 2010
Potager Collectif des Lentillères en fête

24 mai 2010
Rassemblement jeudi 27 mai – le potager collectif contre la menace d’expulsion de la « Villa » par la Mairie de Dijon

27 mai 2010
Contre l’expulsion de la « villa », jacquerie urbaine devant la mairie

28 mai 2010
« Un bon projet pour lequel la mairie s’engage à donner une réponse rapide. »
Vidéo du rassemblement bêche en main en soutien du jardin collectif des- Lentillères

4 juin 2010
Salade Party – Rassemblement en soutien à la Villa !

24 juin 2010
Lundi 28 juin à 17h30 : rassemblement de soutien au Potager Collectif et contre les menaces d’expulsion de « la Villa »

28 juin 2020
Vidéo Lentillères, plus d’infos sur la villa

9 juillet 2010
Communiqué – Jeudi 8 juillet – la Mairie de Dijon fait expulser et détruire la « Villa » autour du potager collectif des Lentillères
Vidéo de l’expulsion / destruction de la « villa »

30 septembre 2010
Programme automne-hiver des activités du Potager Collectif des Lentillères

6 octobre 2010
Rencontre Reclaim the Fields ! (Libérons les Terres !) à Dijon : Interview de B. de Caracole de Suc
Des nouvelles du Potager Collectif des Lentillères – récit et réflexions sur les premiers épisodes (article issu du journal local Blabla n°11)

17 décembre 2010
Dijon – Potager collectif vs Loppsi II – On Construit Toujours !

2011 – Construction du Pot’Col’Le, ouverture et expulsion de la boucherie

Le Pot’Co’Le

Le squat de Chicago
Ouverture du squat de la boucherie Ponelle, appelé « Chicago » par les habitants, situé sur le quartier des Lentillères face à la zone des abattoirs. C’est le premier gros squat dijonnais pour des personnes exilées, ouvert en plein hiver alors que de nombreuses personnes dorment dans les rues et les parkings.

Avant

Pendant

L’expulsion

La démolition

Après
Un terrain de BMX a vu le jour, et chaque bosse porte le label « faite à la main » !

2012 – « Sondage » et lancement du Jardin des Maraîchers

Avant les « sondages »

Après les « sondages »

La mairie avait promis une réponse rapide : Pour P. Pribétich, « Ce n’est pas un saccage, c’est une opération d’aménagement »

Printemps 2012 : La manifestation d’occupation du Jardin Des Maraîcher.e.s a malgré tout lieu : une nouvelle dynamique agricole nait aux lentillères,

et ça donne

2013 – Consultation publique et chantier collectif

Consultation publique en vue de la Déclaration d’utilité Publique à la mairie annexe quartier Mansart.

1er avril 2013
Lettre d’ un ancien maraîcher du quartier : Réponse de Jean Pierre Koenig, maraîcher du Pré Velot à M. Pribetich

Chantier d’été 2013
Construction du « Snack Friche », le premier espace collectif, chauffable, lieu d’organisation pour la vie et la lutte mais aussi espace gym, projections, concerts…

2014 – Manifestation et chantier

Printemps 2014
Grosse manifestation « festive et familiale » qui démarre devant le Grand Dijon et fait halte devant la mairie avec un concert du fameux groupe « 20 minutes de piscine ».

Eté 2014
Cette fois le chantier d’été s’intitule « DécoQuartier », des animaux masqués apparaîssent sur les murs de la rue Philippe Guignard.

2015 – Menace d’expulsion de la Cyprine

Lancement de Pied de Biche
Premier « rush » d’une vidéo qui aboutira au long métrage « Chroniques du pied de biche » visionnable ici. Ce film est centré sur les dynamiques dijonnaises des Lentillères, des squats pour personnes exilées et l’Espace Autogéré des Tanneries.

20 septembre 2015
Vidéo : En solidarité avec la Cyprine, Etienne Daho annule son concert

21 septembre 2015
Vidéo : Lutte contre l’explusion du squat de la Cyprine et pour l’occupation d’une maison pour des personnes migrantes

17 octobre 2015
Vidéos des épiques concerts avec Portron Portron Lopez :
Place du théâtre
Rue Chabot Charny
Rue Chabot Charny toujours

Novembre 2015
Vidéo : l’alterJT

2016 – Construction

Construction d’une maison en bottes de paille.

2017 – Nouvelle prise de terre

Fête de printemps
Nouvelle prise de terre pendant la fête de printemps et plantation d’un champ de courges.

La fête est marquée par une tonalité zapatiste avec une exposition permanente de fresques.

L’hydre capitaliste comme elle est nommée par les Zapatistes est partout et autour des Lentillères ce sont d’énormes panneaux de publicité qui vont tomber.

Extrait de l’interview du groupe Hyperculte qui jouait pendant cette soirée printannière

Votre souvenir de concert ?
Pour les 7 ans du squat Les Lentillères à Dijon (qui vient de remporter une victoire importante avec l’abandon du Projet d’écoquartier qui devait détruire des terres maraîchères), nous jouons vers minuit, juste après qu’un groupe soit allé descendre un panneau publicitaire de 4×3 m à la disqueuse. Les gens reviennent de l’action gonflés à bloc, nous jouons, l’ambiance est extraordinaire, beaucoup de nos paroles (que le public chante) prennent toutes leur sens à ce moment, surtout qu’on sortait tout juste d’un spectacle pour lequel on avait fait la musique, autour de la question de comment vieillir avec ses idéaux. Souvenir très marquant.

2018 – Lancement de la phase 1 de l’écoquartier

En face de l’autre côté de la rue …

2019 – Victoire sur la phase 2 !

Le 25 novembre, une casserolade était organisée à l’occasion du conseil municipal où les Lentillères étaient à l’ordre du jour. Quelques heures avant le conseil on apprend que la mairie abandonne le projet d’écoquartier. Le rassemblement se transforme en casserolade de la victoire et on peut suivre dans la rue en direct sur grand écran le conseil municipal.

Vidéo : Abandon de la phase 2 de l’écoquartier

2020 – Aux dernières nouvelles…

Après une harassante semaine de chantiers de nettoyage et entretien des espaces communs fin février, nous avons notamment réaménager le parc de la villa. 10 ans plus tard, on y trouve un amphithéâtre, un parc et un bateau pirate. En ces temps de confinement, on continue à préparer les espaces pour la fête des 10 ans qui n’est que repoussée, sans doute pour cet été !

Réenchantons les espaces abandonnés

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1O ANS !!

Il y a dix ans jour pour jour commençait l’occupation des terres des lentillères !

Pour le récit historique et les photos d’archives il faut absoluement consulter ça : https://dijoncter.info/il-y-a-dix-ans-jour-pour-jour-une-manifestation-lancait-l-occupation-des-1859

Et pour fêter dignement cette première décennie Continue reading

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Lettre ouverte des Lentillères en ces temps électoraux (et viraux…)

Nous avions écrit ce texte il y a plusieurs jours, dans le but de le publier au cours de cette journée électorale. L’ampleur prise par le coronovirus semble mettre les élections à distance de l’actualité. Malgré tout et puisque le premier tour a bien eu lieu, nous vous invitons à lire, commenter et débattre les quelques reflexions suivantes pendant le confinement qui s’annonce. 
Aussi puisque le sujet est brûlant et qu’il est toujours bon dans des moments comme celui-ci de consulter des analyses plus structurelles, nous vous proposons également la lecture de l’article suivant qui fait le lien entre agro-industrie et coronavirus

Nous suivons depuis 10 ans notre propre calendrier, celui des saisons et des cycles de la nature, celui des luttes, de nos assemblées, des mouvements qui nous traversent, des rencontres, de la construction de nos amitiés et de nos soutiens.Et même s’il tente de s’imposer au monde politique, le calendrier électoral n’est pas le notre. Bien sûr nous n’y sommes pas complètement indifférent·es, car si nous luttons pour disperser le pouvoir, nous ne sommes pas dupes, celui-ci n’a pas disparu et les élections viendront donc couronner une nouvelle fois qui dirigera la ville. Les répercussions peuvent être nombreuses aussi bien pour les Lentillères que pour l’ensemble des habitant·es de la ville.


Ainsi dans le cadre de cette campagne électorale, les idées et les pratiques politiques de milliers de gens se sont vues ordonnées dans des programmes. Du moins celles qui sont devenues acceptables aux yeux des candidats, quand d’autres restent ignorées.


Aux Lentillères, dix ans de lutte ont finit par provoquer tellement de sympathie et de soutien au sein des dijonnais·es que tous les partis se sont rendus compte que l’abandon du projet semblait un filon électoral intéressant. D’autant plus depuis que le verdissement de programme est devenu la discipline la plus en vogue des élections.


Dépassés par les enjeux climatiques actuels, les mobilisations des jeunes, un été caniculaire, et la prise de conscience généralisée, politiciens de tout bord tentent, à l’heure de se faire (ré?-)élire, de s’accrocher à la bouée de sauvetage écologique. Mais comment pourrions-nous faire confiance à ceux qui ont permis au désastre écologique de se mettre en place ? Comment ceux-là mêmes qui gouvernent depuis des lustres pourraient-ils devenir du jour au lendemain les artisans de l’écologie ?


Depuis longtemps, des gens se sont mis en lutte aux Lentillères, à Bure, à Europacity, à Roybon, à Notre-dame des Landes, à Poligny, mais aussi à l’autre bout du monde, au Chili comme au Rojava. À chaque fois, les opportunistes de la politique espèrent retirer un profit de nos luttes en se les appropriant lorsque le vent tourne, tout en les vidant de leurs contenus les plus subversifs.
L’histoire des luttes nous apprend à nous méfier des amitiés offertes à la veille d’une victoire.Les partis espèrent-ils réellement aujourd’hui se réapproprier nos luttes en isolant la dimension écologique alors qu’elles se sont construites de pratiques et de convictions indissociables : anticapitalistes, féministes, communalistes, « do it yourself » et bien d’autres ?


Aux Lentillères nous n’avons besoin ni de programme ni de promesse pour construire notre avenir.
    C’est pourquoi nous réaffirmons :
– Que notre pensée de l’écologie ne sera jamais séparée d’un processus collectif, de l’inclusion des plus précaires, et de la prise en compte de multiples questionnements sur les différentes formes d’oppression.
– Que la préservation des terres ne passe pas par leur mise sous cloche, mais par une mise en relation réfléchie de l’habitation, de l’agriculture et de la biodiversité. L’habitation fait partie intégrante de l’histoire, du présent et du futur du Quartier. Il doit rester habité, de manières multiples et réfléchies collectivement.
– Que seule l’élaboration collective entre les usager·es d’un territoire permet de prendre soin à la fois de la terre et de ses habitant·es. Nous refusons que le Quartier soit morcelé à travers des baux individuels. Nous ne sommes pas opposé·es par principe à toute forme de régularisation, à partir du moment où elle permettra de penser le Quartier comme une seule entité, dont les usages fonctionnent ensemble et s’enrichissent mutuellement.
–  Que nous voulons que cette possibilité concrète de soigner collectivement un territoire soit inscrite dans le PLUi à travers une forme nouvelle : la Zone d’Écologies Communales (ZEC). Cette  zone permettra de penser ensemble l’habitat, le travail de la terre, et la préservation des espaces, à travers des formes d’habitat léger, d’agriculture respectueuse et d’attention poussée aux non-humains. Le soin de cette zone sera confié à ses usager·es à travers des assemblées horizontales.


Il y a 10 ans le combat contre l’artificialisation des terres aux Lentillères et ailleurs peinait à trouver de l’écho. Parions que demain, celui que nous menons simultanément pour plus de solidarité et de communs, sera une évidence. L’écologie sera communale ou ne sera pas.

 
Par ailleurs, l’abandon du projet aux Lentillères ne saurait permettre aux décideurs de justifier la bétonnisation d’autres terres. Nous soutenons toutes les initiatives qui visent à empêcher la destruction des terres agricoles, nous vous invitons donc à nous rejoindre au sein de la coalition du Cri des Terres, pour se lier face aux logiques destructrices de la métropole dijonnaise.


Enfin, nous réaffirmons que nous soutenons toutes les formes de résistance qui arrachent la politique à la représentation et aux comptages des urnes pour en faire une matière vivante, faite de débat et de conflit, d’entraide et de solidarité, d’occupation de rue et de mise en grève.


 Nos solidarités seront notre force.
L’assemblée du Quartier libre des Lentillères

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Fête de printemps : EDITO et PROGRAMME

 

 
Le quartier libre des Lentillères est né d’une manifestation fourche en main en 2010, à Dijon, à l’issue de laquelle une centaine de personnes a défriché puis cultivé un première parcelle sur un ensemble de terres fertiles et de maisons abandonnées, menacées par un projet d‘urbanisation.
 
En 10 ans ce premier potager à grandi pour devenir quartier. D’années en année ce petit bout de campagne au cœur de la ville, derniers vestiges de l’ancienne ceinture verte de Dijon, s’est re-mué en lieu de maraîchage, d’habitation, d’auto-construction, de bouillonements sociaux et de fêtes fièvreuses, d’accueil d’exilés et d’engagements sur la ville. Du printemps 2010 au printemps 2020, face aux coups de tractopelles, de matraques, de karshers, aux fausses concertations publiques et aux faux-semblants de la vitrine verte municipale, les lentillères ont résisté.
 
Le 25 novembre dernier, la mairie annonçait -enfin – l’abandon de la phase 2 du projet de bétonisation de ces terres maraichères, tout en menaçant de tri et d’expulsion celles et ceux qui sont parvenus à les défendre. Le quartier libre doit donc continuer aujourd’hui à se battre pour maintenir ce qu’il a construit de singulier sur ce triangle de 9 hectares.
 
Dans cet espace aussi bio-diversifié qu’hétéroclite, on continue à croire en l’auto-gestion des communs par les habitant.e.s et usagers directs -et non par le marché où par les pouvoirs lointains et imposés. On y invente des manières de s’organiser collectivement en lien avec le reste du vivant.
 
Depuis l’occupation, chaque année, de grandes fêtes ont lieu pour l’arrivée du printemps et celle de l’automne. Cette année, la fête de printemps du quartier libre des Lentillères célèbre 10 années de lutte, une victoire partielle et un tas de désirs concrètement fous pour la suite ! La fête de printemps sera un aussi un moment de mobilisation pour affirmer à plein que l’avenir du quartier doit bel et bien être inventé par ces usager.e.s et que les menaces et projets parachutés doivent cesser.
 
 
Dès le week-end du 3 et 4 avril,les lentillères se déploieront dans d’autres parcs et quartiers de la ville pour discuter des initiatives de contestation des politiques urbaines actuelles, en s’appuyant, comme point de départ, sur l’expérience des Lentillères. Et d’en comprendre la signification profonde comme expression générale d’un mouvement de remise en cause de la politique représentative.
 
 
Du vendredi 10 avril au lundi 13 avril, tout le quartier se transforme pour accueillir des concerts, ateliers, spectacles, expositions, balades. Nous y retrouverons un tas de groupes et collectifs qui nous ont remué et mis en transe dans la dernière décennie. On espère y boire un coup aussi avec tous les ami.e.s qui ont accompagné cette histoire et modelé ce territoire, en y habitant un moment, en y cultivant un bout de jardin, en venant régulièrement se mêler au quartier depuis d’autres contrées…
 
 
Le Samedi 11 avril, la fête s’exporte en centre-ville le temps du « Carnaval sauvage des lentillères » déambulant dans les rues dijonnaises. Avec ses hakas, dérives, danses, masques, chars et ses passions d’exister, le carnaval nous projettera vers une nouvelle décennie de luttes pour perpétuer la défense du quartier libre.
 
 
Puisqu’il n’y a pas de bon carnaval sans bons déguisements, on vous invite à vous lancer dès maintenant : il y aura un cortège paysan avec ses traditionelles fourches et bêches, un bande de renard fauve et d’animaux des friches, et une cohorte de costumes végétaux et d‘êtres recyclés.
 
 
Il est possible de venir aider à la préparation des chars et costumes, ainsi qu’à l’installation de la fête pendant toute la semaine précédente.
 
 
Si vous venez d’ailleurs que dijon pour la semaine ou juste pour la fête et avez des besoins de couchage, prenez une tente et envoyez un petit mail à lenti10ans@riseup.net pour qu’on estime au mieux les besoins.
 
 
Que la fête dure et que la lutte continue !
 
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VENDREDI 10 AVRIL 2020 
    
– 17h00 : « Dixtorsion » Spectacle de danse collaborative, performance en mouvement
– 19h00 : Tout Bleu – nappes et transe incantatoire – (Genève)
– 20h30 : Cabaret d’anniversaire des Lentillères – retour en histoires, chansons, blagues, poésies sur 10 ans d’occupations du quartier.
– 22h00 : Hyperculte – Duo kraut-pop post-disco (Genève)
– 23h30 : Lovataraxxx – Cold Wave (Grenoble) 
– 01h00 : Badbad – Dark Techno Wave Dancefloor (Paris)
 
SAMEDI 11 AVRIL 
    
###  14h00 : Carnaval sauvage des lentillères (voir plus haut) – départ à 14h des lentillères. Tout le monde est là ! déguisé.e.s ! ###
 
 
– 19h00 : « Nous les oiseaux » par la compagnie Les Fugaces – Théâtre – Road trip pour un soulèvement poétique – Adaptation libe du roman de Lola Lafon « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce »
– 19h30 : Flo Mekouyenski – Petites Chansons Sauvages et autres facéties (synthétienne)
– 20h30 : Chafouin – Noise Rock Expressioniste – (Cévennes) 
– 21h45 : Avatch – Satires et bal de 12 (Aveyron) 
– 23h00 : Portron Portron Lopez – Rock sur ressorts (Aveyron / Limousin)
– 00h30 : Binamé – Transes collectives disco-punk et révolutionnaires depuis plus de 30 ans (Belgique)
– 01h30 : Plagiat – [t]rap in opposition (Le Mans) 
– 02h00 : Panaché de DJs : mixx d’un monde par une loutre, 13 dec crew (hiphop – dijon), dj saman (tutti frutti – dijon) , dj lo (musique à scotcher – marseille)
 
DIMANCHE 12 AVRIL
    
– 14h00 : Projet D, Part I spectacle de marionnettes 
– 15h30 : Atelier Rap des Lentillères 
– 16h00 : balade historique friche
– 16h30 : Projet D, Part II – spectacle de marionnettes
– 18h00 : « La Bonne Colère » – Cie La Stoccatathéâtre
– 19h00 : « Ni Gueux, Ni Maître », Théâtre forain déjanté et hommage à léon Tolstoï, Cie des Arracheurs de Dents – (rennes-creuse)
– 20h30 : Infecticide – Post-industriel-Synthpunk-electrowave-neo-dada calé-découpé (Paris) 
– 21h30 : Breizh Napoli – Bal en diagonale, tarentelle et fest-noz (Bretagnes / Napoli) 
– 23h00 : Bisous Mamie – Rock & Claviers (Chaôlon-Sur-Saône)
– 00h30 : Deux Boules Vanilles – Voodoo Dance & Drum Tunning Noize (Lyon)
– 1H30 :  Blada – Electro-trad maghreb et Moyen-Orient.
– 02h00 : Raymonde (live electro – lyon france) Souk6tem high-fi (nantes) et panaché de homes DJs tanneries et lentillères: dj ranium, dj seb potcole et dj lu
 
En continu de 14h00 à 18h00 : 
Cie La Méandre avec le spectacle en caravane « On boira toute l’eau du ciel » 
« Les lectures zelectroniques«  – Détachement International du Muerto Coco – Poésie contemporaine / théatre / musique
 
LUNDI 13 AVRIL 
 
– 15h00 : Balade historique Lentillères 
– 16h00 : The Magic Mitchell and Armandino afternoon show cartes transformistes et accordéon savant (wild west)
– 18h00 : Cie Qualité Street – Spectacle « La Beauté du Monde »
– 19h00 : lv2 – danse avec les loops (paris)
– 20h00 : Tôle Froide – lo-fi riot girl pop punk band  (lyon / Saint-Etienne) 
– 21h00 : Mauvaise surprise – transe hyp-no wave (Synthétienne) 
– 23h30 : Balladur – Synth-noise-dub-pop (Villeurbanne)
– 01h00 : Claustinto – Pop Underground (Lyon)
 
En continu dans l’après-midi de 14h00 à 18h00 : 
Cie La Méandre avec le spectacle en caravane « On boira toute l’eau du ciel ».
 
+ Lupus in Fabula par le Projet D et Bonhomme par la compagnie Raffut 
 
et aussi sur tout le week-end : une radio pirate belge, des expos, des éditions indépendantes, un coin boum permanente, un camping pour les personnes venues de plus loin….
 
Pour tous contacts : lenti10ans@riseup.net 
 

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[07/01] LES LENTILLERES ATTAQUE LE PLUI

Rassemblement devant Dijon Metropole, Avenue du Drapeau, le Vendredi 7 février 2020 à 14h.

Le 25 novembre 2019, au terme de presque 10 années de lutte de la part des usagèr.e.s  du Quartier Libre des Lentilleres et de leurs soutiens, le Maire annoncait l’abandon de la phase 2 du projet d’éco-quartier et interdisait l’urbanisation de ces précieuses terres maraîchères occupées.Le 19 décembre dernier, la métropole votait le nouveau PLUI-HD dans lequel le Quartier Libre des Lentillères reste pour l’instant classé comme Zone A Urbaniser (ZAU). Ceci laisse la possibilité d’un retour en arrière. Rien ne garantit qu’un nouveau projet de bétonisation ne soit, un jour, relancé.

Dijon-Métropole se vante de participer à la préservation des terres agricoles et d’espaces « hybrides » (ni ville, ni campagne). Mais comment pourrait-on croire en ces déclarations d’intentions et confier l’avenir de ces terres à une municipalité qui les a menacées pendant 10 années et menace toujours d’en urbaniser d’autres en périphérie de la ville ? Si ce site de biodiversité et de pratiques d’écologies sociales existe encore aujourd’hui c’est parce que le Quartier Libre des Lentillères a su le préserver, en prendre soin et le défendre contre les logiques d’aménagement.Nous y avons réinventé de nouvelles formes d’habiter la ville, et d’y cultiver les terres avec toujours le souci de préserver un lien étroit avec notre environnement. Le PLUI tel qu’il est actuellement rédigé n’intègre pas cet existant.De plus, aucune forme actuelle du PLUI ne reconnait l’entremêlement des usages qui caractérise désormais ce territoire : jardinage et maraîchage, activités culturelles et sociales, habitat, réserve de biodiversité,…

Pour ces deux raisons nous déposons un recours à l’encontre du document de planification auprès du Tribunal Administratif de Dijon le vendredi 7 février. Cette hétérogénéité d’usages reliés pourrait se voir mise en danger demain par un zonage uniformisant.
Nous exigeons donc que les menaces sur ces terres et ses usagèr.e.s soient formellement levées, c’est à dire

  • d’acter l’abandon de la phase 2 du projet d’éco-quartier, 
  • de déclasser le zonage attribué à ce Quartier, 
  • de prendre en considération l’existant qui s’invente et se construit quotidiennement depuis 10 ans sur ce territoire auquel sont lié.es de nombreux.ses dijonnais.e.s. 

Pour préserver les usages et les formes d’organisation collective propres au Quartier Libre des Lentillères, le droit doit se réinventer afin d’être à la hauteur des enjeux de notre époque. 

Nous nous inscrivons dans un mouvement plus large qui propose d’autres manières d’habiter les territoires.

Parallèlement au dépôt de ce recours nous travaillons à l’élaboration d’une nouvelle proposition dont nous soumettrons les grandes lignes lors du rassemblement qui nous mènera devant le tribunal administratif.

Rassemblement devant Dijon Metropole, Avenue du Drapeau, le Vendredi 7 février 2020 à 14h.

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Tribune – Il faut laisser vivre le Quartier libre des Lentillères à Dijon !

Après le récent abandon par la mairie de Dijon du projet d’artificialisation des terres du quartier libre des Lentillères, 150 auteur.es, chercheur.euse.s, réalisateur.trice.s, architectes, comédien.ne.s énoncent les raisons de leur opposition aux menaces de normalisation de cet espace d’expérimentation.

Depuis une certaine attention aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques, nous sommes impliqués dans la préservation et la construction des (biens) communs, et en cela solidaires de la lutte du Quartier Libre des Lentillères. Nous nous réjouissons en ce sens de la récente décision municipale d’abandonner la phase 2 du projet d’éco-quartier qui menaçait d’urbaniser les dernières grandes parcelles de terres nourricières à l’intérieur de la ville de Dijon. Mais nous saluons surtout la ténacité et l’inventivité des militant·es et habitant·es impliqué·es dans cette lutte pour avoir, depuis dix ans, pris soin de ces 9 ha délaissés à leur arrivée. Elles et ils se sont attaché·es à les remettre en culture tout en y préservant la diversité de la flore et de la faune, y compris en prenant soin de maintenir certains espaces non jardinés. Elles et ils y ont aussi fait revivre un quartier en auto-gestion, solidaire des mouvements sociaux émancipateurs et des exilé·es, ouvert sur le reste de la ville et bien au-delà. Elles et ils y ont développé de multiples initiatives, maraîchères, festives, culturelles, des liens tenaces et la réappropriation de savoirs et de savoir-faire….Nous aimons la détermination bâtisseuse qui a permis la restauration des bâtis anciens, l’expérimentation d’auto-constructions de terre et de pailles ou encore l’apparition d’un amphithéâtre ou d’un bateau pirate… 10 ans d’un certains bouillonnement joyeux en ont fait un lieu de maraîchage, de vie mais aussi de flâneries fantasques fort apprécié de bien des dijonnais·es.

L’abandon du projet d’urbanisme, première victoire offerte par l’occupation sans droit ni titre du quartier, n’est pas seulement la victoire pour la préservation d’un « espace vert ». C’est la victoire d’une certaine idée de la ville et de la façon de l’habiter. C’est la victoire d’une certaine vision de l’écologie politique, non inféodée aux impératifs de l’industrialisation et de la métropolisation. Comme cela a déjà été le cas l’an dernier avec l’abandon du projet d’aéroport sur le bocage de Notre-Dame-des-Landes, c’est la victoire d’une alliance vertueuse entre lutte acharnée et expérimentation concrète.

Nous laissons à M. Rebsmanen, maire de Dijon, le soin d’écrire sa propre version de l’histoire, en affirmant « Je n’avais rien dit car je ne voulais pas faire plaisir aux anar, mais je l’avais prévu depuis le début ». L’histoire sociale nous a appris qu’il n’est pas d’acquis sur le plan démocratique, social ou écologique sans mobilisations collectives. Ici comme dans de nombreux autres endroits, les populations doivent lutter contre la surdité des élites, les caprices de certains élus et les processus d’invisibilisation de celles et ceux qui font véritablement vivre un territoire.

Sortir des pensées verticales, défendre l’art d’habiter des lieux

Alors que la municipalité avait décidé de ne rien changer dans la révision du « Plan Local d’Urbanisme Intercommunal Habitat et Déplacements » (PLUI-HD) concernant la phase 2 de l’éco-cité « jardin des maraîchers » – notons au passage, le processus marketing pervers qui consiste à se servir des attributs positifs d’un passé que l’on a contribué à faire disparaître – et qu’elle répondait par la négative aux demandes d’abandon exprimées lors de l’enquête publique, le Maire de Dijon est revenu in-extremis sur cette position. Il a ainsi validé dans une déclaration à la presse une partie de ce que demandait depuis 10 ans le collectif des Lentillères. Cette volte-face nous invite à exercer notre esprit critique et à rester dubitatif vis-à-vis des arguments, économiques et juridiques notamment, mobilisés pour justifier une possible expulsion des habitant·es du quartier dans les mois à venir. Nous déplorons en effet qu’en même temps qu’il reconnaît la justesse de leur combat, donnant raison à 10 ans de combat et d’enracinement, le maire de Dijon affirme qu’il pourrait dorénavant évacuer par la force les militant·es et les habitant·es qui ont fait renaître et vivre ce quartier.

Refuser de reconnaître que la chose publique peut aussi se construire en dehors des cases trop étroites des politiques publiques et de leur encadrement réglementaire, c’est oublier que la vitalité et la résilience de la démocratie ne se réduit pas à la sphère de la représentation ni même à celle de la participation encadrée. L’existence du Quartier est une singularité précieuse qui attire de nombreu·ses sympathisant·es, curieu·ses, qui répond à de multiples aspirations locales et inspire des regards venus d’ailleurs.

Le Quartier libre des Lentillères doit continuer d’exister car il est l’antithèse de grands projets inutiles et imposés, à l’image de la nouvelle stratégie agro-alimentaire de Dijon Métropole baptisée « Système alimentaire durable de 2030 ». Imaginée pour répondre à l’Appel à manifestation d’intérêt « Territoires d’Innovation – Grande Ambition » (TIGA) lancé par l’État. La métropole y voit en toute modestie «  un projet original qui la place parmi les références françaises en matière d’agroécologie ». En fait de référence agroécologique, ce projet est surtout l’occasion pour plusieurs poids-lourds de l’agro-alimentaire qui en sont partenaires, de construire une nouvelle filière économique particulièrement lucrative. Dijon Céréale, Seb, Orange,… mais aussi des réseaux comme le Food Use Tech ou Vitagora pourront ainsi continuer à entretenir leur position dominante en toute tranquillité au prétexte d’assurer une soi-disante « autonomie alimentaire » aux habitants. Mais nous n’avons aucunement besoin d’un TIGA et de ses acteurs dominants pour reprendre le contrôle de notre alimentation, pour prendre soin de la terre, pour accompagner le retour des paysans et partager nos ressources. Comme de nombreuses autres alternatives territoriales, le Quartier libre des Lentillères démontre qu’il est possible de s’inscrire hors d’une verticalité vertigineuse du pouvoir pour privilégier la gestion collective des biens communs, que sont en premier lieu les sols nourriciers et la biodiversité. Il offre la possibilité de concevoir de nouvelles formes d’interaction avec le vivant, y compris à partir de l’espace urbain.

Contre les menaces de« normalisation », soutenir les expérimentations collectives

Que le maire s’efforce de détruire demain 10 années de constructions collectives sur le quartier des Lentillères sous les auspices de la république comme le gouvernement a cherché l’an dernier à se venger de son renoncement sur la ZAD de Notre-dame-des-Landes ne serait pas seulement une nouvelle démonstration de la violence d’État. Ce serait déclarer de nouveau la guerre à tout un mouvement émergeant et hétérogène, puissant et créatif, qui a décidé de reprendre la main face à l’impuissance politique et au diktat économique. Vouloir « normaliser la zone », et tenter de faire rentrer dans un zonage unique ce quartier où se mêlent des expériences maraîchères, écologiques, d’échanges non marchands, d’auto-gestion et de solidarité, reviendrait à se priver de savoirs et savoir-faire riches au moment même où la crise climatique, écologique et sociale nous invite à changer radicalement de modèle et à explorer de nouvelles voies.

Nous demandons en conséquence que l’avenir du Quartier libre Lentillères soit confié aux habitant·es et militant·es qui l’ont construit. Nous appelons les responsables politiques à faire preuve de courage, d’imagination juridique et d’ouverture aux attentes de leurs administré·es en reconnaissant aux habitant·es le droit d’habiter les lieux où ils et elles vivent et qu’ils et elles font vivre. Nous leur demandons de se mettre au diapason des règles d’usages imbriqués que ceux-ci parviennent à élaborer au quotidien. Nous affirmons notre solidarité active pour ce nouveau grand chantier de réflexion collective qui s’ouvre sur l’avenir du Quartier libre des Lentillères.

Ici la tribune (version courte) parue dans Libération

Premier.e.s signataires de l’appel des Lentillères

Yannick Sencébé, sociologue, Dijon
François Jarrige, Historien, Université de Bourgogne, Dijon
Léo Coutellec, Philosophe des sciences, Paris
Antoine Lagneau, enseignant vacataire
Alice Le Roy, journaliste et enseignante
Adrien Normand, Chimiste Université de Bourgogne-CNRS, Dijon
Jean-Louis Tornatore, Anthropologue, Université de Bourgogne, Dijon
Sarah Vanuxem, juriste, Université de Nice, Nice
Josep Rafanell i Orra, philosophe et psychothérapeute, Paris
Isabelle Stengers, philosophe, Bruxelles
Serge Gutwirth, juriste, Belgique
Barbara Glowczewski, anthropologue, CNRS
Johan Badour , édition Divergences
Marie Menant, architecte et doctorante, Belgique
Serge Quadruppani, écrivain, traducteur
Jérôme Baschet, historien
Rémy Toulouse, édition La découverte
Jean Rochard, producteur de musique
Nicolas Flesch, auteur-acteur.
Chloé Kazemzadegan, travailleuse du spectacle
Pascal Bernier comédien
Yves Pagès, écrivain & éditeur (Verticales)
Simon Le Roulley, sociologue
Sophie Gosselin, philosophe, revue Terrestres
David gé Bartoli, philosophe
Fabrice Flipo, philosophe, Paris
Alessandro Pignocchi, auteur de bande dessinée
Philippe Descola, anthropologue
Alain Damasio, romancier
Fanny Ehl, doctorante designer
Sylvaine Bulle, sociologue
Elsa Brès, artiste
Mathilde Girard, psychanalyste philosophe, Paris
Laura Mehtali , doctorante en géographie, Nantes
Christophe Laurens, architecte
Anne de Galzain, réalisatrice, 02 Château-Thierry
Gilles Clément, paysagiste, Paris
Patrick Bouchain, architecte, Paris
Jean-Philippe Pierron, philosophe, Dijon
Nastassja Martin, anthropologue
Bruno Latour, sociologue
Christine Thépénier, orga Bobines Rebelles dans les Alpes, 05110 Esparron
Dominique Bourg, philosophe, Lausanne
Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, Paris
Vincent Bourdeau, Enseignant-Chercheur en philosophie, Université de Besançon, Besançon
Caroline Darroux, ethnologue, MPOB, Anost
Noël Barbe, anthropologue , IIAC
Flavie Ailhaud, ethnologue
Noé le Blanc, enseignant
Stéphane Gacon, Historien, Université de Bourgogne, Dijon
Christophe Bonneuil, historien, Cnrs
Nathalie Quintane, autrice
Corinne Morel Darleux, autrice
Jeanne Susin, musicienne
Alessandro Stella historien (CNRS-EHESS)
François Thoreau, sociologue, université de Liège
Francesco Pastacaldi, musicien
Luisa Homem, cinéaste
Aki Kaurismäki, cinéaste, Finland
Félix Rehm, cinéaste et monteur, Paris
François Olislaeger, auteur de BD
Amandine Guilbert et Rémi Eliçabe, les éditions des mondes à faire
Guillaume Faburel, Géographe, Lyon
Vincent Balland, doctorant en histoire, Dijon
Hélène Tordjman, économiste, Paris
Fabian Lévêque, doctorant en études urbaines, Lyon 2
Sonja Kellenberger, Sociologue, Dijon
Pierre Bitoun, sociologue, co-auteur du livre « Le sacrifice des paysans »
Fanny Chrétien, Enseignante chercheure en Sciences de l’éducation et de la formation, Dijon
Thomas Bouchet, Historien, université de Lausanne
Lucie Dupré, anthropologue, INRA
Aurélie Dumain, sociologue, CMW, Lyon.
Cécile Gazo, doctorante en sociologie, Toulouse
Damien Marage, géographe, Dijon
Jeremy Sauvineau, doctorant en sociologie, Dijon
Béatrice Dégrange, chargée d’ingénierie de formation, AgroSup Dijon
Claire Masson, sciences de l’éducation, Dijon
Alexis Zimmer, historien, CNRS-EHESS
Jean Baptiste Vidalou, auteur
Maële Giard, géographe, Lyon
Mathilde Girault, études urbaines, Monts du Lyonnais
Elie Rivière, ingénieur et éco-habitant, Monts du Lyonnais
Mathilde Grandjean, doctorante en droit public, Dijon
Dominique Guidoni-Stoltz, Enseignante chercheure en Sciences de l’éducation et de la formation, Dijon
Kaduna-Eve Demailly, géographe (MCF), Paris
Jérôme Boissonade, maitre de conférences (sociologie)enseignements, université du littoral côte d’opale (ulco)
Élisabeth Peyroux, géographe chargée de recherche (cr1)
Flaminia Paddeu, géographe, Paris 13
Tibo Labat, Artiste-architecte, Nantes
Chloé Merlin, docteur en Écologie Microbienne
Romain Ozanne
Pierre Carniaux, réalisateur, Paris
Olivier Cheval, critique, cinéaste
Lorraine Druon, artiste
Peggy Cenac, Mathématicienne, Université de Bourgogne, Dijon
Gaëlle Boucand, cinéaste
Lucie Lerbet, doctorante, Lyon
Viviana Méndez Moya, artiste plasticienne
Mario Brenta, cinéaste/enseignant Université de Padoue
Raphaël Nieuwjaer, critique de cinéma
Gerard Watkins auteur acteur metteur en scène
Jonas Cervantes, diplômé d’architecture, Nantes
Daniel Kupferstein, réalisateur.
Maxime Martinot, réalisateur
Valérie Osouf, documentariste
Maximiliano de la Puente, rechercher et réalisateur
Alain Raoust, Cinéaste, professeur associé université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis
Raquel Schefer, chercheuse et réalisatrice
Jacopo Rasmi, chercheur et enseignant
Louise Chennevière, ecrivaine
David-Marie Vailhé, urbaniste
Sophie Wahnich, historienne, CNRS, Paris
Valerie Massadian, cineaste
Antoine Granier, vidéaste, cinéaste
Lorenzo Bianchi, réalisateur, producteur, Paris
Gaëlle Obiégly, écrivaine
Catherine Libert, cinéaste, Paris
Boris Nicot realisateur
Jean Pierre Duret, ingénieur du son, réalisateur documentaire
Léa Gasquet, journaliste, Paris
Yves Citton, enseignant de littérature, Université Paris 8
Mathias Rollot, enseignant-chercheur en architecture
Thierry Paquot, Philosophe
Jean Baptiste Bahers, Chargé de recherche CNRS, Université de Nantes
Geneviève Azam, économiste
Laura Mehtali, doctorante en sociologie
Claire Mélot, architecte, doctorante en philosophie
Jules Valeur, ingénieur du son
Franssou Prenant cinéaste
Alice de Lencquesaing, comédienne, Paris
Clément Schneider, cinéaste
Fabien Bidaut, artiste, architecte
Camille Degeye, réalisatrice, Paris
Jean-Robert Viallet, journaliste, auteur, cinéaste
Philippe Corcuff, maître de conférences de science politique à Sciences Po Lyon
François Nobécourt, directeur de la photographie, Mexico
Caroline Dubois, écrivain
Thomas Le Gouge, philosophe, historien de l’art, Paris
Charlotte Thevenet, enseignante, chercheuse, Paris
Juliette Bayer-Broc, programmatrice, cinéaste, Marseille
Aurélien Gabriel Cohen, doctorant en philosophie et géographie, Université Paris 7 / MNHN
Luc Chessel, critique de cinéma et acteur
Frédéric Neyrat, philosophe
Martine Markovits, programmatrice, Paris
Paul Citron, urbaniste
Yaël André, cinéaste
Clémentine Roy, artiste
Sophie Bruneau, cinéaste
Maxime Combes, économiste
Emilie Hache, philosophe, Université Paris Nanterre
David Graeber, anthropologue, London School of Economics and Political Science
Yannick Haenel, écrivain
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Pour les voeux, les Lentillères devancent Rebsamen !

Vendredi soir, François Rebsamen annonçait ses vœux au Zénith à près de 2000 dijonnais·e·s venu·e·s assister à la grand messe de l’année, qui prend tout son sens dans un contexte électoral. Les Lentillères ont devancé son annonce, envoyant une petite délégation, débarrassée de ses bottes et vêtue de ses plus jolies escarpins pour l’occasion, qui a accueilli elle-même tou·te·s ces dijonnais·e·s à l’intérieur du zénith avec un message de bonne année et un petit papier (glacé pour l’occasion).

Le recto…

… et le verso

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On la joue collectif ! – COMMUNIQUÉ

ON LA JOUE COLLECTIF !

Il y a quelques semaines, la mairie annonçait l’abandon de la phase 2 de « l’Éco-cité des Maraîchers ».
Depuis, elle annonce la possibilité d’une régularisation des seules activités maraîchères et potagères, sur la base de contrats individuels ou associatifs, à travers un « appel à projet ».

Cela fait maintenant dix ans que nous soignons et faisons vivre le Quartier Libre des Lentillères, soit 12 hectares désormais sauvés de la bétonisation. Nous y sommes lié.e.s. Viscéralement.
Personne ne connaît mieux ce Quartier que nous.

Sa richesse vient en grande partie du fait que les activités maraîchères et potagères sont entremêlées à bien d’autres activités tant pratiques et culturelles que sociales. Voilà le projet que nous continuons à construire jour après jour : celui d’un Quartier qui réfléchit collectivement aux différents usages d’un même territoire.

C’est pourquoi il est inconcevable à nos yeux que le Quartier soit morcelé pour être attribué à des personnes ou des associations qui auraient opportunément mis leurs noms dans un registre, ou déposé un dossier de projet hors-sol.

Le maire de Dijon dit aujourd’hui que l’illégalité de notre présence doit cesser.
En vérité, cela ne tient qu’à lui.

Nous n’avons pas d’opposition de principe quant à une forme de régularisation. Il n’est pas question de cela mais du respect de ce que nous avons construit : une vie collective qui prenne soin du territoire et des relations, qui entremêle les différents usages possibles d’un espace, qui laisse la place à la réflexion commune et à l’invention.

Des formes de délégation collective existent en partie, des cadres juridiques restent à inventer. En effet, nous savons qu’il existe des lieux où la loi s’incline face à la légitimité et se réinvente lorsqu’une lutte s’avère victorieuse. Cette invention ne se fera pas sans nous. Elle demandera par ailleurs de la créativité et du courage politique.

Nous démarrons un grand chantier de réflexion collective autour de l’avenir du quartier. L’abandon de l’écoquartier signe pour nous la fin d’une phase de menace, et nous voulons repenser nos projets sur ces terres au regard de cette pérennité nouvelle, avec toutes les personnes qui nous soutiennent.

Nous rendrons public le résultat de nos réflexions au printemps.

Quels que soient les terrains de bataille, nous ne cesserons jamais de défendre le Quartier Libre des Lentillères.

Nous réaffirmons qu’aucune institution extérieure ne peut soigner ce territoire comme nous l’avons fait jusqu’à présent et comme nous continuerons à le faire.

L’Assemblée du Quartier Libre des Lentillères,
jardinier.e.s ou pas, habitant.e.s ou pas, anarchistes ou pas, gaillard.e.s ou pas.
Riche de ses soutiens divers et nombreux.

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LA VICTOIRE NE FAIT QUE COMMENCER !

Communiqué des Lentillères

La victoire ne fait que commencer

Le maire de Dijon a annoncé lundi 25 novembre que les Lentillères allaient être interdites à l’urbanisation. Le projet d’éco-quartier contre lequel nous luttons depuis 10 ans ne verra donc jamais le jour !

C’est une première victoire contre l’urbanisation mortifère de Dijon, et nous l’avons célébré lundi soir sous les fenêtres du conseil municipal.

Mais le maire annonce aussi qu’il va « demander l’évacuation de tous ceux qui occupent de manière illégale ce terrain » en précisant que « pourront y faire des jardins partagés ou des maraîchages urbains ceux qui s’inscriront pour avoir un bail ». Plus tard, il osera compléter : « Je ne l’avais pas dit parce que je ne voulais pas faire plaisir aux anar’, mais je l’avais prévu depuis le début. »

C’est donc pour ne pas faire plaisir aux anar’ qu’il a répété pendant toutes ces années que le projet se ferait…

Il n’a de toute façon pas peur de la contradiction, en menaçant d’évacuer les gens à qui il vient de donner raison. Ces terres seraient bétonnées depuis bien longtemps par Dijon Métropole si elles n’avaient pas été occupées illégalement.

Cette illégalité reste un précieux moyen de résistance, à l’heure où le PLUI continue de dessiner une urbanisation asphyxiante, projetant encore de détruire des centaines d’hectares de terres agricoles dans et autour de la ville, tout en densifiant l’agglomération.

De notre côté, nous n’avons jamais attendu que l’écologie devienne un enjeu électoral pour réinventer notre rapport à la terre et au territoire. Depuis 10 ans, nous construisons concrètement dans ce quartier libre et autogéré l’autonomie alimentaire dont se flattent les élus.

Une nouvelle phase de la lutte pour sa préservation s’ouvre. Le Quartier Libre des Lentillères vivra avec tout ce qui s’y construit : son agriculture hors norme et collective, ses fêtes incroyables, ses habitations qui permettent à une centaine de personnes de prendre soin de cet endroit au quotidien, sa qualité de refuge pour les exilé·es, sa réinvention collective d’une vie de quartier,…

Il y a deux ans, nous nous sommes mis·es d’accord sur une « boussole » de 6 points qui nous permettraient de ne pas perdre le nord. Nous les réaffirmons aujourd’hui avec force :

Terre, territoire, maraîchage : Depuis 2010, nous préservons ces terres. Des projets naissent au fil des saisons, des envies et des rencontres, nous continuerons de les cultiver de manière multiples et hors norme.

Habitat, constructions, communs, commune : Le Quartier Libre des Lentillères est un quartier à part entière, habité aujourd’hui par une centaine de personnes. Ces terres sont intégralement liées à la vie qui s’y est inventé, leur préservation exige qu’elles restent habitées, travaillées et partagées.

Autonomie politique et diversité : L’assemblée du Quartier est l’expression de notre autonomie politique. C’est le lien privilégié de notre élaboration collective. Notre « nous » exprime des différences infinies et irréductibles, tenues par une éthique commune, subordonnées à aucune institution.

Économie : Nous refusons que l’économie marchande capitaliste détermine nos liens, nos projets, nos idées. Nous ne sacrifierons pas le sens de ce que nous construisons en le soumettant à ses exigences.

Éthique et toc : Nous ne voulons pas faire de la politique une sphère séparée de nos vies quotidiennes. Nous voulons que les luttes contre le sexisme, la transphobie, l’homophobie, le racisme et tout autre oppressions systémiques s’inscrivent dans nos faits et gestes en tentant de faire obstacle et d’agir contre tout comportements les perpétuant.

– Liens : Nous ne voulons pas faire des Lentillères un lieu où il ferait juste bon vivre dans un entre-soi. Nous sommes fièr·es des liens de soutien et d’amitié que nous tissons. Nous savons aussi que nous ne faisons pas l’unanimité. Nous continuerons à en prendre le risque et à lutter aux côtés de toutes celles et ceux qui se soulèvent pour leur libération et celle de la terre.

La victoire ne fait que commencer !

Quartier Libre des Lentillères

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VICTOIRE ! ABANDON DE LA PHASE 2

Après 10 années de lutte, aujourd’hui nous célébrons une grande victoire. Il n’y aura jamais d’ecoquartier aux Lentillères !!

Sous la pression, le maire de Dijon renonce à la phase 2 du projet d’écoquartier qui menaçait les Lentilères.
Il annonce dans la foulée que les occupations illégales ne seront plus tolérés. Il menace même d’expulser les occupant.e.s illégaux.ales. Quelle hypocrisie ! Serait-il vraiment prêt à expulser les personnes qui, par leur engagement, ont permis que ces terres soient sauvegardées ?

Nous allons continuer à faire vivre ce quartier qui s’est construit depuis 10 ans, avec ses multiples dimensions et toutes ses facettes.

Plus d’informations sur dijoncter.info : https://dijoncter.info/victoire-des-lentilleres-il-n-y-aura-pas-d-eco-quartier-1473

à suivre !

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