Nous ne lâcherons jamais la comète

Ça fait 11 ans, jour pour jour, que nous avons défriché les premières parcelles du quartier libre des Lentillères. Depuis ce n’est pas passé de mode. La terre continue à se soulever avec vous toutes et tous, et des quartiers, des parcelles, des zones sont occupées pour empêcher la construction de grands projets.

Aux Lentillères nous continuons à occuper 9 hectares de terres, à toujours plus nombreux, nombreuses, et avec toujours le désir d’y construire des choses ensemble, des jardins, des fêtes, des maisons.

Aux Lentillères nous continuons à occuper 9 hectares de terres, pour empêcher la mairie, les promotteurs immobilier, la préfecture et l’État d’intervenir sur ce petit-grand chez nous / chez lui / chez elle / chez eux que nous aimons. Eux ils voulaient construire un « éco » quartier en béton. Maintenant, ils veulent des jardins « partagés » cloisonnés et bien administrés.

Nous on vit aux Lentillères, nous on mange aux Lentillères, nous on construit aux Lentillères, nous on discute aux Lentillères, nous on travaille aux Lentillères, nous on jardine aux Lentillères, nous on danse aux Lentillères, nous on pleure aux Lentillères et on explose de joie aussi. C’est comme ça qu’on habite et qu’on lutte aux lentillères.

En 2019, François Rebsamen, le maire de Dijon – socialiste, eh oui ils n’ont pas tous disparus… – annonce dans une conférence de presse l’abandon de la phase 2 du projet d’« éco » quartier qui menaçait ce que nous avions construit aux Lentillères.

Nous aurions pu avoir la sensation d’avoir gagné en 2019. Pourtant non, nous n’avons pas gagné en 2019 puisque notre lutte n’a pas de fin en soi et pas de finalité en-dehors de la vie du quartier. La victoire au singulier n’existe pas. La victoire n’aura pas lieu à un moment précis. On s’arrêtera jamais de lutter. Habiter sur ce quartier, c’est défendre des formes de vie qui ne seront jamais assimilées, intégrées ou validées par l’État, c’est aussi continuer de soutenir les luttes d’ailleurs, les squats et les occupations, c’est aussi encore et toujours essayer de déconstruire les rapports de pouvoir entre nous.

Nous ne voulons pas seulement l’abandon d’un projet immobilier, nous ne voulons pas seulement empêcher la bétonnisation de ces terres, nous voulons défendre une manière de vivre sur ce quartier, ce qui y naît, ce qui y vieilli. Et nous sommes prêtes et prêts à beaucoup pour cela, parce que ce quartier ne peut pas disparaître ou devenir quelque chose sans nous. Capitch Rebsou ?

En décembre dernier, la mairie a menacé cette vie de quartier. Elle a parlé d’expulser les « mauvais habitants » en rassurant les « gentils jardiniers », eux pourront rester. Mais ici les habitantes sont des jardinières et les jardiniers sont des habitants. Ici les usagers et les usagères ne sont pas des individus parcellisés qui travaillent seulement pour leurs petits ou leurs grands intérêts singuliers.

Ici Machin fait à manger pour Truc Muche et Bidule qui plantent des patates dans un champ pendant que Gadjo et Dylo refont les chemins. Il y a aussi Machine qui répare le poids lourd pour aller à la manif et Josette, William, Jacky et Avrelle qui lèvent une charpente. Pour être claire si on jarte Machin, l’éco-système se pète la gueule. C’est ça pour nous l’autogestion : l’entremêlement des usages. la terre pas juste à celles et ceux qui la cultivent, mais à celles et ceux qui l’habitent de n’importe quelle manière.

Donc non Rebsamen tu ne choisiras pas qui restera et qui partira. Ici c’est chez moi, chez elle, chez lui, chez nous mais c’est pas chez toi. Never. 11 ans donc, mais ce n’est qu’un début. Le printemps est la plus belle saison des Lentillères. Le temps des grands soulèvements et des petites éclosions. Les abeilles vous le diront. Elles fredonnent d’ailleurs que celui-ci s’annonce particulièrement miellifère.

Le marché ne va pas tarder à reprendre. Il y a des gens sur les toits pour défendre les maisons. Ils en profitent pour boucher QUELQUES fuites. Ils y en a d’autres qui ont décidé de construire, plus grand pour un peu plus de commun. Nous aurons bientôt un espace pour pouvoir toutes et tous vous accueillir, trinquer à l’avenir et faire des plans sur la comète. Nous ne lâcherons jamais la comète, la nôtre, la comète des Lentillères. Nous sortirons scaphandre et boucliers s’il le faut pour s’opposer à leur conquête de l’espace.

Alors chers ami.e.s à vos talkie-walkies, on va tous se mettre sur la même fréquence : 1312, 1312, vous me recevez ? Nous avons besoin de vous pour défendre ce quartier et nous espérons que vous répondrez présents et présentes,

Vive les Vaîtes

Vive les Lentillères

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LES VAÎTES SE SOULÈVENT ! – RETOUR SUR LA MOBILISATION DU 27 MARS

LES VAÎTES SE SOULÈVENT ! – RETOUR SUR LA MOBILISATION DU 27 MARS

Ce samedi 27 mars se tenait le premier acte des Soulèvements de la Terre à Besançon. 800 personnes ont manifesté depuis la place de la Révolution jusqu’aux jardins des Vaîtes. Il y avait dans la rue aujourd’hui beaucoup de bisontin.es fort attaché.es à ces dizaines d’hectares de jardins populaires et autogérés. et déterminé.es à ne pas les laisser se faire bétonner. Mais il y avait aussi de nombreux.ses dijonnais.es habitants ou usager.es du quartier des Lentillères, ancré sur ces terres maraîchères longtemps menacées par un projet d’urbanisation récemment abandonné. Il y avait aussi des soutiens venus des 4 coins du pays pour se lancer dans les Soulèvements de la Terre et découvrir, à l’occasion de ce début de campagne nationale, cette lutte bisontine en plein essor.

Au départ de la manif, les jardinier.es des Vaîtes ont répété sous les applaudissements qu’elles se battaient pour un abandon pur et simple du projet d’ « écoquartier » encore porté par la municipalité. Des émissaires des Lentillères ont répondu face aux menaces d’expulsion formulées récemment par le maire de Dijon qu’elles continueraient à se battre pour que leur quartier libre continue à être cultivé ET habité dans toute sa diversité.

Dans la manif, appelée localement par plusieurs dizaines de fermes et organisations, on notait une grosse présence de la Confédération Paysanne venue porter un message fort contre toute forme d’artificialisation des sols, des intermittent.es en luttes solidaires, une batukada féministe ou un poids lourd avec un mur de son de l’espace autogéré des Tanneries, une banderole en hommage aux 3 zads récemment expulsées à Arlons, Gonesse et au Carnet ou encore la présence de la zad de la Colline en bataille en Suisse contre Lafarge et son monde. Le jumelage Vaîtes/Lentillères de ce matin fut aussi l’occasion pour deux tracteurs utilisés pour le maraîchage dans le quartier dijonnais de faire leur première sortie à Besançon afin d’aider à la mise en culture de nouveaux jardins aux Vaîtes. Tout au long du parcours, des activistes d’Extinction Rebellion ont détourné l’espace publicitaire en espace d’expression, accroché une banderole en hauteur, et peint les insectes en voie de disparition dans cette région sur le bitume.

À l’arrivée aux Vaîtes, les manifestant.es ont été invité.es à assister à une table ronde avec Corrine Morel-Darleux, Alessandro Pignocchi, Cécile Muret, à un spectacle d’Audrey Vernon en tournée sur les zads, à un bal folk et à une visite des jardins. Pendant ce temps, à côté de la saignée opérée par les premiers travaux suspendus il y a un an suite à des recours juridiques, de nouvelles parcelles ont été occupées et mises en culture. Elles seront principalement dédiées à des projets de jardins collectifs : sorcières des Vaîtes, XR Besançon, collectif de soutien aux exilé.es, Vigilance OGM… Aujourd’hui des centaines de personnes ravies, se sont liées plus encore à l’avenir de ces terres. Bien d’autres viendraient sans doute s’opposer à toute nouvelle incursion de tractopelles si la mairie s’obstinait dans son projet d’urbanisme.

Nous nous retrouverons dans 3 semaines les 10 et 11 avril pour l’acte 2 des « Soulèvements » sur les terres de la Prevalaye à Rennes – où plusieurs hectares sont menacés d’être artificialisés par un complexe sportif – et sur lesquelles nous allons planter et semer des cultures destinées à ravitailler les luttes.

https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/retour-vaites27mars

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Les Soulèvements de la Terre – Des Lentillères aux Vaîtes !

Manif et journée d’actions – le 27 mars à Besançon

Après l’abandon du projet d’écoquartier qui menaçait les Lentillères, gagnons les Vaîtes à Besançon!
Retrouvez l’appel lancé par les Vaîtes et les Lentillères et co-signés par 40 organisations et 25 fermes locales et surtout…

Réservez votre journée du 27 mars pour faire tomber un autre projet d’urbanisme!

Premier acte d’une campagne d’action nationale :
Les Soulèvements de la Terre

Les Vaîtes et les Lentillères sont deux luttes sœurs. Des terres maraîchères, des jardins populaires, des espaces autogérés, dans les deux cas menacés par des projets de bétonisation qui avancent sous le signe d’un capitalisme peint en vert en s’appelant écocité ou éco-quartier. Les Vaîtes, 34 hectares de terres menacées à Besançon par un «éco-quartier», les Lentillères 9 hectares à Dijon qui font face au béton froid et gris de la première phase en cours de réalisation de l’écocité «des Maraîchers».

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Rencontre de Semences

Le 20 mars, aux Lentillères, on fête le printemps et l’autoproduction des semences.

Image extrait de « Semences buissonnières ». dvd sur la production de semences, Longo Maï

À partir de midi le quartier libre des Lentillères vous invitent à venir partager vos semences, que ce soit des graines de légumes ou d’autres type de végétaux!


En effet, rien de tel que de partager des graines pour préparer le fleurissement de nos jardins et enrichir la diversité de nos potagers pour le printemps prochain! Geste nécessaire pour garder un rapport direct avec ce vivant végétal qui nous nourri et qui sert de refuge pour ce monde foisonnant que sont les insectes et autres petits animaux des jardins.

Vous pouvez amener aussi des plants, boutures et autres.

On aura des semences autoproduites à partager.

Des pizzas à prix libre seront proposés par le foufournil des Lentillères pour celleux qui veulent déjeuner sur place.

A cette occasion il y aura une table ronde avec des intervenant.es qui parlerons de leur engagement pour la défense des réseaux de semences potagères libre.

Rendez vous à partir de midi au Pot’Col’Le et au Snack Friche, 35 rue Philippe Guignard.

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Chantier des Communs !

Du jeudi 21 au dimanche 24 janvier, on organise un chantier des communs aux Lentillères !

L’idée, c’est de faire tomber la partie droite du mur qui se situe du côté Snack Friche, de trier et ranger les pierres pour pouvoir les réutiliser ensuite, et de creuser une tranchée qui permettra d’amener l’eau potable au Snack et chez Papy.

C’est possible de venir pour un jour ou tout du long, il y aura des repas du midi prévus sur place, et des moments ensemble de projections, discussions (accompagnés de chips) en fin de journée. Les chantiers auront lieu en extérieur, il risque de faire froid et/ou de pleuvoir, alors même si on pensera aux boissons chaudes, c’est cool de venir bien couvert.e.s.

On prévoit de commencer à 9h, au Snack friche, pour le café avec un point chantier, de faire une pause à midi, de reprendre de 14h à 17h on profitera de la pause à midi et le soir de l’heure qu’il restera avant le couvre feu pour boire l’apéro, raconter où en est le quartier et la lutte des Lentillères aux nouvelles venues, expliquer la suite du chantier en cours, et parler aussi de plein d’autres choses qui nous animent.

Venez nombreux et nombreuses !

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Chantier des Communs !

Appel zapatiste : Une déclaration… pour la vie

Une délégation zapatiste d’une centaine de personne débarquera en Europe durant l’été 2021. Une grande déclaration vient précéder ces rencontres internationales. Elle est déjà signée par des centaines de collectifs, parmi lesquelles le Quartier libre des Lentillères et l’Espace autogéré des Tanneries.

Des liens entre Dijon et le Chiapas se construisent doucement pendant ces dernières années. Entre autre, le Quartier Libre des Lentillères, par ses revendications de libération des terres maraichères, a toujours connu des formes d’inspiration venues du Mexique.
En 2013, les Lentillères ont signé la Sexta zapatiste, appel à la constitution d’un réseau planétaire de luttes et de résistance.
En novembre 2017, avait eu lieu le cycle « Mexique en lutte » au cours duquelle une fresque était apparu aux abords des Lentillères, pour symboliser l’union des luttes de France, du Mexique et du monde entier.
La fête des Lentillères du printemps 2017 avait été marquée par une tonalité zapatiste avec une exposition permanente de fresques, et la venue de Jérôme Bachet et de Rocio Martinez.
Aujourd’hui, les Lentillères, ainsi que les Tanneries, signent cette déclaration internationale pour la vie.

QUAND LES ZAPATISTES DEBARQUENT EN EUROPE…

Après 500 ans de colonisation du Mexique, les zapatistes – communautés indigènes du Chiapas qui construisent leur autonomie depuis le soulèvement de 1994 – et le Congrès National Indigène – qui rassemble les peuples autochtones en lutte contre leur extermination et contre le saccage capitaliste – ont décidé de traverser l’océan Atlantique.

Cette grande délégation (d’au moins une centaine de personnes) constituée en majorité de femmes, viendra exprimer que les communautés autochtones du Mexique n’ont toujours pas été conquises, mais aussi rencontrer les luttes européennes sur leurs territoires afin de tisser des alliances et partager des convictions et énergies communes : la défense de la vie, l’autonomie politique et le combat contre toutes les formes de domination.

Une partie de la délégation devrait arriver en bateau, par l’océan, et l’une des destinations et des dates clairement évoquées est Madrid, 13 Août 2021, 500 ans jour pour jour après la chute de la capitale de l’Empire aztèque et le début officiel de la colonisation des terres mexicaines, rebaptisées alors “Nouvelle Espagne”.

Un communiqué en six parties est progressivement publié par les zapatistes, dont la première ci-dessous :

« Première Partie :

UNE DÉCLARATION…

POUR LA VIE.

1er janvier 2021

Aux peuples du monde :

Aux personnes qui luttent sur les cinq continents :

Frères, sœurs, froeurs, compañer@s :

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes des femmes, des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des travestis, des transsexuels, des personnes intersexes, des queers et d’autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long etcetera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des cieux, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pours, des contres, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long etcetera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes, la persécution et le mépris contre les différentEs dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système, ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure – chacunE là où on se trouve – contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement.- Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sommes engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement.- Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès National Indigène-Conseil Indigène de Gouvernement, le Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre des Etats de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement.- Inviter les personnes qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.

Depuis l’un des ponts de dignité qui unissent les cinq continents.

Nous.

Planète Terre.

1er janvier 2021. »

(article paru initialement sur dijoncter.info)

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D’un confinement à l’autre – La vie continue aux lentillères

Rendez-vous avait été donné à 10h au fournil en rénovation (avant une ouverture bientôt) du côté des Petites Lentillères.
Ce samedi matin de fin novembre, sous un soleil radieux, du thé et du café chaud ainsi qu’une pâte à pizza en préparation attendaient une quarantaine de personnes de différents horizons prêtes pour joyeusement mettre en terre une centaine de fruitiers (ou les distribuer).

Comme bien souvent l’histoire avait commencé par un coup de fil d’un ami à un autre. Il s’agit cette fois-ci d’un

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Le Quartier Libre des Lentillères en temps de pandémie

Depuis ce deuxième confinement, on pressent qu’il va falloir apprendre à « vivre avec » la pandémie mondiale encore un peu plus longtemps. Depuis quelques temps, on avait compris aussi qu’il allait falloir « faire avec » la crise écologique. Plutôt que d’attendre gentiment le prochain état d’urgence, ce qu’on essaye de construire, ici, au Quartier Libre des Lentillères, c’est une manière possible de continuer à vivre malgré ces crises. En imaginant et en créant un monde qui nous fasse envie, tissé de rapports non-marchands, empreint de solidarité et de sens des communs, connecté à l’environnement dans lequel on se trouve, organisé en autogestion.

D’une petite lutte très localisée contre un projet de bétonisation comme il en existe tant, s’est construit durant 10 ans, sans préméditation, en tâtonnant, en bidouillant, un quartier riche de la diversité de ses activités (de maraichage en auto-construction, de petits jardins en fêtes de quartier), riche aussi des personnes qui le traversent, le font vivre, y jardinent et y habitent. Et riche en imaginaires possibles. Ensemble on se réinvente sans cesse collectivement.

Forcément, ces derniers mois, on est comme tout le monde : on est ébranlé.e.s par la crise sanitaire qui agite notre planète. Dans ces moments de doutes, pouvoir échanger des avis, exprimer nos peurs, discuter de nos limites, débattre pour, au final, tenter de se mettre d’accord collectivement sur les mesures que l’on met en place pour prendre soin de nos santés et continuer à créer du commun, ça nous semble d’autant plus cohérent. L’autogestion qu’on expérimente et qui s’éprouve ici au quotidien nous permet cela. Ça n’a rien d’évident, et c’est un processus encore en cours, mais c’est une démarche nécessaire. Loin d’une politique pyramidale qui inspire la défiance, loin d’une vision individualiste de la responsabilité, loin d’une stratégie de la culpabilisation, on a l’intention de continuer à se faire confiance pour apprendre à élaborer ensemble une pensée pertinente politiquement.

Ce texte est une invitation à venir dans ce quartier libre, qui fait partie intégrante de la ville (n’en déplaise à la mairie). On ne construit pas ici un en-dehors du monde, mais un espace ouvert, poreux et que l’on souhaite accueillant. En ces temps de crise sanitaire où la plupart des lieux de sociabilité que l’on peut trouver en ville ont fermé leurs portes, où certaines associations sont empêchées de mener leurs actions, il nous semble d’autant plus nécessaire de rappeler que la liberté de circuler et de s’organiser, encore en cours ici, est accessible à tout le monde.

En effet, alors qu’on entend à la radio que pour prendre soin de nos proches, il ne faut plus les approcher, nous on se dit à l’inverse que se retrouver pour flâner au grand air avec des gens qu’on aime, c’est fondamental. Qu’un monde où la sociabilité n’est permise qu’au sein du travail et de l’espace familial, pour beaucoup d’entre nous, ça ne correspond à aucun schéma connu. Que jardiner, ça peut assurer le bien-être psychologique de personnes qui se sentent vite coincées sans leur quelques m2. Qu’on n’a pas envie de se recroqueviller et que faire des trucs ensemble, c’est comme ça qu’on envisage l’apprentissage. Que pour continuer à se rencontrer, on a envie d’aller distribuer des légumes sur le rond-point d’à côté.

De fait, le quartier continue à vivre. Ses résident.e.s, humain.e.s, hérissons ou limaces, s’y déplacent librement, sans avoir à « attester » d’une bonne raison d’être là où illes sont. Les récoltes de légumes d’automne sont abondantes, et demandent à être partagées au plus grand nombre. C’est le moment de l’assolement et de la préparation des sols pour l’hiver. On ne peut pas mettre le vivant en pause. Depuis quand ne fait-on plus partie du vivant ?

Alors, n’hésitez pas à passer nous voir au quartier quand vous voulez. On vous invite aussi à soutenir autant que vous le pouvez les Jardins de l’Engrenage, aujourd’hui menacés d’expulsion, ainsi que d’autres espaces de liberté et de circulation qui se font expulser, ne peuvent pas voir le jour ou se maintenir. Faisons-les vivre et défendons-les !

Le Quartier Libre des Lentillères

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Retour sur 10 ans de luttes aux Lentillères en photos et vidéos

« J’ai 10 ans » ! Plongée dans les archives de cette tumultueuse première décennie et particulièrement sur la date anniversaire. Par ces temps de confinement, on vous emmène en ballade dans les archives du média militant local de l’époque – Brassicanigra – avec des articles, des photos et aussi des vidéos glannées sur le web.

Remontons le temps grâce aux archives amassées en ligne et, pour fêter l’anniversaire du Quartier Libre des Lentillères malgré le confinement, retraçons ensemble ces 10 années de luttes et de construction….

La plupart des articles et des communiqués viennent de Brassicanigra.org, un média militant dijonnais qui a existé de 2007 à 2013. Vous pouvez explorer les archives du site ici.

2009 – Des terres pour l’agriculture bio en Côte d’Or !

En juillet, le collectif « URGENCE BIO 21 » lance une grande pétition départementale intitulée « Des terres pour l’agriculture bio en Côte d’Or ! »

Voir la publication d’origine sur dijon-ecolo

Nous, consommateurs, sommes conscients de l’impact des modes de production, de transformation et de distribution des produits alimentaires sur l’environnement et la santé.
Près de la moitié des aliments végétaux consommés en France renferment des résidus de pesticides, les sols et l’eau sont pollués, et de 20 à 30% des émissions de gaz à effet de serre sont dus à l’agriculture intensive en Europe.
L’agriculture biologique apporte une réponse concrète aux problèmes de santé publique et d’environnement. Elle offre, à un prix juste, des produits frais, de saison et dont la qualité est contrôlée à tous les niveaux.
Mais elle représente actuellement moins de 2% de la surface agricole de Côte d’Or. Il n’y a pas assez de producteurs biologiques pour répondre à la demande croissante. Par exemple, plus de 600 familles de l’agglomération dijonnaise sont en attente d’un panier bio hebdomadaire et la restauration collective souhaiterait introduire de façon régulière ces produits.
Face au manque de terres “pour” installer de nouveaux producteurs en bio – particulièrement en maraîchage, nous, signataires de la pétition, demandons aux élus et responsables agricoles de s’engager dès maintenant à œuvrer à la préservation et au maintien de terres agricoles en Côte d’Or par tout moyen (rachat, création de zone agricole protégée, etc.)

· pour l’installation de nouveaux paysans en agriculture biologique

· pour la conversion en agriculture biologique des terres agricoles, particulièrement celles situées à proximité des captages d’eau.

L’écologie est dans tous les discours… il est temps de passer aux actes !
L’alimentation saine est un droit pour tous. « 
La pétition est à signer sur jesigne.fr, elle sera aussi disponible sous forme papier sur le marché de Dijon et dans différents endroits en fonction des actions menées par les membres du collectif.
Le collectif à la base de cette action est constitué de : Confédération Paysanne 21, Quetigny Environnement, Bioconsom’acteur, Greenpeace Dijon, les Amis de la Conf’, ATTAC 21, les Amis de l’Eldorado, les Verts 21, Slow Food Dijon Côte d’Or, ARDEAR Bourgogne, Terre de Liens, Artisans du Monde, Association KIR, GAB 21, Nature et Progrès Côte d’Or, AMAP Bio de Plombières, Les paniers de la vallée, Plombières Environnement, Les Colporteurs, dijon-écolo, AMAP Bio Les Jardins de Virgile, AMAP Bio des Pieds Bleu, les Faucheurs Volontaires, Association Sun Festival.
Cette pétition touche l’ensemble du département, mais il faut savoir que l’agglomération dijonnaise compte de nombreux hectares de cultures (un peu moins de 22 000 ha en 2000), pour environ 1,5% de terres en agriculture biologique (les données sont un peu anciennes, mais la situation ne s’est guère améliorée).
L’agriculture péri-urbaine est possible et fondamentale, mais elle se heurte à différents problèmes. Dans l’agglomération dijonnaise il existe un rapport très intéressant à ce sujet, intitulé « Etudes et dialogues sur l’agriculture périurbaine dijonnaise ».

20 mars 2010 – La « semaine de l’environnement »

« La Semaine de l’Environnement se propose d’être un modeste porte‐voix des réflexions et expérimentations sociales et écologiques qui visent à la ré-appropriation de notre présent sans hypothéquer notre futur. »
Portée par l’association Kir du réseau GRAPPE. Le Réseau GRAPPE (GRoupement des Associations Porteuses de Projets en Environnement) rassemble un ensemble d’associations étudiantes pour promouvoir au niveau national une vision alternative et engagée de l’écologie.
Dans une approche ludique :
Balades, conférence-débat, jeux, projection de films, apéros, table ronde, ateliers, concerts, etc.

28 mars 2010 – Libérons les terres

Appel à la manifestation

Voir la publication d’origine sur Brassicanigra

Dimanche 28 mars 2010 à 13h, place Wilson à Dijon
Pique-nique, concert, déambulation, action, interventions et débats…

Pour défricher ensemble les bases d’une agriculture locale, directe, bio et s’émanciper collectivement du modèle productiviste et industriel…
Pour faire sauter le verrou de l’accès au foncier en zones rurales ou péri-urbaines. Libérons les terres !
Avec la participation/intervention de :
la Confédération Paysanne 21, Terres de lien, de jeunes agriculteurs locaux, le réseau européen Reclaim The Fields, l’association Plombières environnement, l’association Kir, Espace autogéré des Tanneries, les Faucheurs volontaires 21, Food not Bombs Dijon, Groupe libertaire Dijon…

Dans sa course au rendement, le modèle agricole dominant, basé sur une logique industrielle et productiviste requiert un usage massif de pétrole, de pesticides, d’engrais, d’emballages plastiques, le transport des aliments sur des milliers de kilomètres et provoque la stérilisation des sols et des cours d’eau, la désagrégation de liens sociaux dans les campagnes et l’exode rurale, l’exploitation et le maintien dans la misère de millions de sans-papier-e-s et sans-terres en Europe et dans le monde. Son développement à l’échelle mondiale n’aura fait qu’aggraver les inégalités sociales, la destruction de la biosphère et livrer le vivant, des champs jusqu’aux semences et engrais, aux tenants de l’agro-industrie mondiale et à leurs trusts.
L’agriculture industrielle est un cercle vicieux dévastateur. Des mythes progressistes aux mentalités conservatrices, du rouleau compresseur économique aux choix étatiques, son offensive est toujours féroce, même relookée « écolo ». Partout dans le monde, des millions de paysans se battent pour garder un contrôle sur leur ressources, pouvoir nourrir les leurs et ne pas finir dans des bidonvilles. En Europe, les politiques alimentaires ont presque réussi à faire disparaître totalement la « paysannerie » en faisant en sorte qu’il soit presque impossible pour les petits agriculteurs de vivre du travail de la terre et pour les jeunes de s’installer comme paysan. Elles ont rendu la plupart d’entre nous complètement dépendant-e-s, coupé-e-s de tout savoir-faire », espaces et pratiques connectées à la production de notre alimentation.
Autour de Dijon, des maraîchers, paysans et des associations regroupant des citadins ou des ruraux, dénoncent et défient la domination de l’agriculture conventionnelle. Des initiatives variées mettent l’accent sur les divers freins institutionnels et politiques à l’installation que rencontrent notamment des projets bios orientés vers la vente directe et locale ou vers des associations. Mais l’accès au foncier demeure souvent verrouillé face à des visions en porte à faux avec l’agro-industrie et ses hypermarchés.
Chaque jour des hectares de terres dans le monde sont grignotées par le béton, et les anciennes ceintures maraîchères font sans cesse place à des zones commerciales, des parkings et des immeubles. Dijon ne transige pas à la règle : les campagnes alentours sont tenues par les gros producteurs, la ceinture maraîchère est en friche ou bitumée, et les jardins ouvriers, reflets de communautés sociales et trésors de débrouilles, tendent à disparaître, malgré les fortes demandes à ce sujet. On nous parle sans cesse d’éco-quartiers, mais au delà-du flon flon vert pour l’image et de la réalité eco-aseptisée qu’elle cache, ce que nous souhaitons (re)créer aujourd’hui ce sont des zones maraîchères au sein et en périphérie des villes. Nous voulons des terres où puissent se développer des projets agricoles pour des paysans qui souhaitent s’installer, aussi bien que des potagers qui permettent à des citadins de cultiver une partie de leur nourriture.
Les initiatives de libération de terres laissées en friche ou vouée au béton, et la mise en place de potagers collectifs sont parmi les moyens possibles pour défricher les bases d’une agriculture, locale, directe, bio… Elles questionnent les modes de productions et le cloisonnement producteurs-consommateurs. Elles permettent de briser en acte le brevetage et la commercialisation systématique du vivant, et de fertiliser les liens qui se tissent à partir d’une terre partagée, habitée et travaillée…
Parce que la nourriture est un besoin primaire, parce qu’autonomiser l’alimentation de l’agro-industrie est à la charnière de tout projet social émancipateur, parce que nous voulons mettre nos idées en pratique et relier des actions locales aux luttes globales, parce que le refus de la nourriture industrielle ne se situe pas sous plastique et hors de prix dans un rayon high tech de supermarché : libérons les terres !

Récit de la libération des terres

Divers collectifs, des citadins bêches à la main, des jardiniers en herbe ou des maraîchers en lutte ont libéré des terres.
Des explications et rendez-vous pour la suite…

Voir la publication d’origine sur Brassicanigra

Appel pratique :
Avant tout compte-rendu, un peu de pratique : le potager collectif qui s’installe sur les terres libérées cette semaine à Dijon, rue Phillipe Guignard (au rond point juste à coté du collège des Lentillères et le long de la voie ferrée) est ouvert à tous et toutes. Son maintien, son ampleur et sa dynamique ne tiennent qu’à vous. Des moments de jardinage, bêchage, défrichage et préparations de semis sont prévus tout au long de la semaine, en particulier mercredi et samedi après-midi. Ces mêmes jours a 18h auront lieu des assemblées-goûters des usager-e-s du potagers pour s’organiser ensemble sur la suite.
Contact mail, mais le mieux reste de se rencontrer sur place en bêchant ou autour d’un goûter.
Récit :
Malgré le temps très mauvais ce jour là, le nœud lunaire réputé défavorable au travail du sol, et le changement d’heure, autant de facteurs propres à décourager tout-e participant-e-s potentiel-le au pique-nique annoncé, c’est environ deux cents personnes qui se sont retrouvées vers 13h sous l’abri du kiosque de la place Wilson et autour.

Quelques interventions introductives ont d’abord eu lieu. Un représentant de l’AMAP de Plombières a souligné la demande croissante sur ce type de structure et le besoin que des terres soient laissées à disposition pour des projets paysans locaux. Un maraîcher affilié à la Confédération paysanne a rappelé les luttes menées par son syndicat à ce sujet et mentionné avec une certaine émotion qu’il y a dix ans, lui et sa compagne avaient dû partir des très bonnes parcelles qui allaient être occupées aujourd’hui à cause d’un hypothétique projet d’urbanisme et qu’elles avaient été laissées en friche depuis. Une militante de Terre de liens a parlé des initiatives d’aides collectives développée par son association pour accéder au foncier, tandis que des agriculteurs du réseau Reclaim the Fields (Réclamons les terres), venus de Mayenne, d’Ardèche ou du Morbihan ont appuyé sur la pertinence d’action de ce type en ville ou à la campagne, et au-delà, sur la nécessité de développer une nouvelle « paysannerie » pour sortir de l’impasse de l’agriculture industrielle.

Au son d’une batukada internationaliste, la manifestation a pris les allées du Parc et s’est dirigée droit au but (tenu caché), avec des brouettes pleines de petits plants et quelques dizaines de bêches, pioches, faux et fourches brandies qui lui donnait des airs de jacquerie urbaine. À l’arrivée au coin de la rue Phillipe Guignard l’ensemble des manifestant-e-s ont pénétré directement sur la première parcelle en friche de la rue, s’avançant mètres par mètres en défrichant en ligne ce champ envahi par les ronces. Au bout de quelques heures d’intense ébullition collective, grâce au ravitaillement assuré par Food not bombs et sous les rythmes véhéments de la batukada, une bonne partie du champ était déjà retourné et en voie d’être ensemencé. Les quelques policiers présents se sont contentés d’observer et de condamner, médusés.
Une première assemblée du potager a permis de se donner rendez-vous pour la suite, d’organiser la diffusion de l’information, le début des cultures et le maintien de l’occupation. Bon nombre de voisins, qui voyaient les terres et les maisons alentour se dégrader depuis des années, sont venus s’enquérir avec enthousiasme de l’action et sont repartis en promettant de repasser bêche à la main ou avec quelques prospectus pour relayer l’information dans le quartier.

Et de l’autre côté de la friche, une maison occupée depuis un mois déjà par un collectif d’habitant.e.s, « la villa », propose de servir de lieu de réunion pour s’organiser sur le potager collectif.

Les habitant.e.s (sans droit ni titre) ont retapé le toit qui a été détuilé (la mairie de dijon en est propriétaire) pour rendre cette maison inutilisable. Cela s’appelle « dévitaliser » une maison, c’est-à-dire enlever des tuiles, des fenêtres… pour que le bâtiment devienne inhabitable.

2010 : Occupation, destruction, rassemblements et première fête

13 avril 2010
Terres occupées, terres libérées ? – Vidéo de Dijonscope

22 mai 2010
Potager Collectif des Lentillères en fête

24 mai 2010
Rassemblement jeudi 27 mai – le potager collectif contre la menace d’expulsion de la « Villa » par la Mairie de Dijon

27 mai 2010
Contre l’expulsion de la « villa », jacquerie urbaine devant la mairie

28 mai 2010
« Un bon projet pour lequel la mairie s’engage à donner une réponse rapide. »
Vidéo du rassemblement bêche en main en soutien du jardin collectif des- Lentillères

4 juin 2010
Salade Party – Rassemblement en soutien à la Villa !

24 juin 2010
Lundi 28 juin à 17h30 : rassemblement de soutien au Potager Collectif et contre les menaces d’expulsion de « la Villa »

28 juin 2020
Vidéo Lentillères, plus d’infos sur la villa

9 juillet 2010
Communiqué – Jeudi 8 juillet – la Mairie de Dijon fait expulser et détruire la « Villa » autour du potager collectif des Lentillères
Vidéo de l’expulsion / destruction de la « villa »

30 septembre 2010
Programme automne-hiver des activités du Potager Collectif des Lentillères

6 octobre 2010
Rencontre Reclaim the Fields ! (Libérons les Terres !) à Dijon : Interview de B. de Caracole de Suc
Des nouvelles du Potager Collectif des Lentillères – récit et réflexions sur les premiers épisodes (article issu du journal local Blabla n°11)

17 décembre 2010
Dijon – Potager collectif vs Loppsi II – On Construit Toujours !

2011 – Construction du Pot’Col’Le, ouverture et expulsion de la boucherie

Le Pot’Co’Le

Le squat de Chicago
Ouverture du squat de la boucherie Ponelle, appelé « Chicago » par les habitants, situé sur le quartier des Lentillères face à la zone des abattoirs. C’est le premier gros squat dijonnais pour des personnes exilées, ouvert en plein hiver alors que de nombreuses personnes dorment dans les rues et les parkings.

Avant

Pendant

L’expulsion

La démolition

Après
Un terrain de BMX a vu le jour, et chaque bosse porte le label « faite à la main » !

2012 – « Sondage » et lancement du Jardin des Maraîchers

Avant les « sondages »

Après les « sondages »

La mairie avait promis une réponse rapide : Pour P. Pribétich, « Ce n’est pas un saccage, c’est une opération d’aménagement »

Printemps 2012 : La manifestation d’occupation du Jardin Des Maraîcher.e.s a malgré tout lieu : une nouvelle dynamique agricole nait aux lentillères,

et ça donne

2013 – Consultation publique et chantier collectif

Consultation publique en vue de la Déclaration d’utilité Publique à la mairie annexe quartier Mansart.

1er avril 2013
Lettre d’ un ancien maraîcher du quartier : Réponse de Jean Pierre Koenig, maraîcher du Pré Velot à M. Pribetich

Chantier d’été 2013
Construction du « Snack Friche », le premier espace collectif, chauffable, lieu d’organisation pour la vie et la lutte mais aussi espace gym, projections, concerts…

2014 – Manifestation et chantier

Printemps 2014
Grosse manifestation « festive et familiale » qui démarre devant le Grand Dijon et fait halte devant la mairie avec un concert du fameux groupe « 20 minutes de piscine ».

Eté 2014
Cette fois le chantier d’été s’intitule « DécoQuartier », des animaux masqués apparaîssent sur les murs de la rue Philippe Guignard.

2015 – Menace d’expulsion de la Cyprine

Lancement de Pied de Biche
Premier « rush » d’une vidéo qui aboutira au long métrage « Chroniques du pied de biche » visionnable ici. Ce film est centré sur les dynamiques dijonnaises des Lentillères, des squats pour personnes exilées et l’Espace Autogéré des Tanneries.

20 septembre 2015
Vidéo : En solidarité avec la Cyprine, Etienne Daho annule son concert

21 septembre 2015
Vidéo : Lutte contre l’explusion du squat de la Cyprine et pour l’occupation d’une maison pour des personnes migrantes

17 octobre 2015
Vidéos des épiques concerts avec Portron Portron Lopez :
Place du théâtre
Rue Chabot Charny
Rue Chabot Charny toujours

Novembre 2015
Vidéo : l’alterJT

2016 – Construction

Construction d’une maison en bottes de paille.

2017 – Nouvelle prise de terre

Fête de printemps
Nouvelle prise de terre pendant la fête de printemps et plantation d’un champ de courges.

La fête est marquée par une tonalité zapatiste avec une exposition permanente de fresques.

L’hydre capitaliste comme elle est nommée par les Zapatistes est partout et autour des Lentillères ce sont d’énormes panneaux de publicité qui vont tomber.

Extrait de l’interview du groupe Hyperculte qui jouait pendant cette soirée printannière

Votre souvenir de concert ?
Pour les 7 ans du squat Les Lentillères à Dijon (qui vient de remporter une victoire importante avec l’abandon du Projet d’écoquartier qui devait détruire des terres maraîchères), nous jouons vers minuit, juste après qu’un groupe soit allé descendre un panneau publicitaire de 4×3 m à la disqueuse. Les gens reviennent de l’action gonflés à bloc, nous jouons, l’ambiance est extraordinaire, beaucoup de nos paroles (que le public chante) prennent toutes leur sens à ce moment, surtout qu’on sortait tout juste d’un spectacle pour lequel on avait fait la musique, autour de la question de comment vieillir avec ses idéaux. Souvenir très marquant.

2018 – Lancement de la phase 1 de l’écoquartier

En face de l’autre côté de la rue …

2019 – Victoire sur la phase 2 !

Le 25 novembre, une casserolade était organisée à l’occasion du conseil municipal où les Lentillères étaient à l’ordre du jour. Quelques heures avant le conseil on apprend que la mairie abandonne le projet d’écoquartier. Le rassemblement se transforme en casserolade de la victoire et on peut suivre dans la rue en direct sur grand écran le conseil municipal.

Vidéo : Abandon de la phase 2 de l’écoquartier

2020 – Aux dernières nouvelles…

Après une harassante semaine de chantiers de nettoyage et entretien des espaces communs fin février, nous avons notamment réaménager le parc de la villa. 10 ans plus tard, on y trouve un amphithéâtre, un parc et un bateau pirate. En ces temps de confinement, on continue à préparer les espaces pour la fête des 10 ans qui n’est que repoussée, sans doute pour cet été !

Réenchantons les espaces abandonnés

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Retour sur 10 ans de luttes aux Lentillères en photos et vidéos

1O ANS !!

Il y a dix ans jour pour jour commençait l’occupation des terres des lentillères !

Pour le récit historique et les photos d’archives il faut absoluement consulter ça : https://dijoncter.info/il-y-a-dix-ans-jour-pour-jour-une-manifestation-lancait-l-occupation-des-1859

Et pour fêter dignement cette première décennie Continue reading

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